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L'épopée  du Pastel

Le Pays de Cocagne est celui du fameux bleu Pastel.
Dès le néolithique, les hommes comprennent que l'Isatis Tinctoria permet de produire la coloration bleue. C’est au Moyen-Âge que l’on a commencé à utiliser les feuilles fraîches en grande quantité pour obtenir une couleur très claire. On se rend compte par la suite que la fermentation des feuilles permet une meilleure concentration des pigments pour des bleus plus prononcés.
On conditionne alors le Pastel fermenté en boules façonnées à la main appelées cocagnes qui sont ensuite séchées en vue de leur transport et commerce. Ce procédé va permettre l’émergence d’un florissant commerce durant la Renaissance, âge d’or du Pays de Cocagne qui a ainsi connu une très grande prospérité car la couleur bleue est très recherchée et rare à l’époque. Le commerce du Pastel s’étend par bateau jusqu’aux frontières de l’Europe. D’ambitieux marchands pasteliers font fortune à cette époque et les superbes hôtels particuliers de Toulouse et Albi notamment (Assézat, Bernuy, Reynès…) en sont de précieux témoignages.
Au 16e siècle, l’arrivée massive d’indigo permet de renforcer les cuves et d’obtenir des bleus encore plus foncés. C’est à partir de ce moment que Pastel et Indigo sont devenus interdépendants, le Pastel servant de ferment pour concentrer les pigments de l’indigo. La découverte de l’hydrosulfite de sodium pour réduire l’indigo au 19e siècle va peu à peu rendre le Pastel moins utile et sa culture devenue peu rentable diminue.   

C'est  magique

Dans une cuve traditionnelle, on trouve du Pastel composté en cocagne, rebroyé et utilisé comme ferment ainsi que de la poudre d’indigo mélangés à l’eau. Prenons une étoffe que l’on trempe dans l’eau qui est jaune. En le sortant, au contact de l’oxygène, le tissu va devenir vert...puis du plus joli bleu !

Et  maintenant ?

 

Aujourd’hui on assiste à un nouvel essor du Pastel, porté par des historiens, passionnés, chimistes ou coloristes qui lui trouvent de nouvelles vertus, notamment cosmétiques. À ce sujet, on sait que les Grecs anciens traitaient les plaies et brûlures avec l’huile extraite des graines de la plante. Les cosmétiques développés aujourd’hui en Pays de Cocagne se retrouvent facilement dans les boutiques que vous croiserez à Saint-Sulpice, Lavaur, ou Lautrec par exemple. Le bleu de Pastel est aussi redécouvert par de multiples initiatives privées ces dernières années et on le voit réapparaître dans des applications variées : textile, beaux-arts, décoration

Au Pays de Cocagne, vous pouvez découvrir et même expérimenter la teinture au bleu de Pastel auprès de La Ferme au Village et La Petite Maison du Pastel à Lautrec, ainsi qu’au Château des Plantes à Cambounet-sur-le-Sor.